La médiation conventionnelle comme mécanisme complémentaire de règlement des différends sportifs : vers un modèle marocain efficient - Khawla LAFGHIR





La médiation conventionnelle comme mécanisme complémentaire de règlement des différends sportifs : vers un modèle marocain efficient

 

Khawla LAFGHIR: Doctorante - Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales Ain Sebâa Université Hassan II - Laboratoire Intelligence Stratégique et Management Juridiques des Administrations

 

 

Conventional Mediation as a Complementary Mechanism for the Settlement of Sports Disputes: Towards an Efficient Moroccan Model

 

Khawla LAFGHIR: Doctoral Researcher, Faculty of Legal, Economic and Social Sciences, Ain Sebâa, Hassan II University - Laboratory of Strategic Intelligence and Legal Management of Public Administrations

 

 

Résumé :

La médiation conventionnelle se révèle être un mécanisme efficace et complémentaire à l’arbitrage pour résoudre les différends sportifs. Elle se distingue par sa flexibilité, sa rapidité et sa capacité à préserver les relations entre les acteurs du sport. Les conflits sportifs sont souvent caractérisés par l’urgence, la médiatisation et la dimension relationnelle, ce qui rend la médiation particulièrement adaptée. Au Maroc, la loi n° 95.17 consacre la médiation comme mode autonome de règlement des différends, mais son intégration dans le droit du sport (loi n° 30.09) reste limitée. L’absence de dispositions spécifiques et de structures spécialisées minimise son efficacité pratique.

L’instauration d’un modèle marocain performant nécessiterait l’insertion de clauses de médiation dans les règlements sportifs, la création d’instances spécialisées et la promotion d’une culture de la médiation auprès des acteurs. Ces mesures contribueraient à renforcer la sécurité juridique, à prévenir les litiges et à renforcer la crédibilité de la justice sportive, tout en conférant à la médiation un rôle opérationnel central dans la gestion des contentieux sportifs.

Mots clés : Médiation conventionnelle ; Règlement des différends sportifs ; Modes alternatifs de règlement des différends (MARD) ; Contentieux sportif ; Droit du sport; Justice sportive.

 

Abstract :

Conventional mediation has emerged as an effective and complementary mechanism to arbitration for resolving sports-related disputes. It is characterized by flexibility, speed, and the ability to preserve relationships among sports stakeholders. Sports conflicts are often urgent, highly publicized, and relational in nature, making mediation particularly suitable.In Morocco, Law No. 95.17 recognizes mediation as an autonomous dispute resolution mechanism, yet its integration into sports law (Law No. 30.09) remains limited. The lack of specific provisions and specialized structures reduces its practical effectiveness.

Developing an efficient Moroccan model would require incorporating mediation clauses into sports regulations, establishing specialized mediation bodies, and promoting a culture of mediation among stakeholders. These measures could enhance legal certainty, prevent disputes, and strengthen the credibility of sports justice, while ensuring mediation assumes a central and operational role in managing sports conflicts.

Keywords : Conventional mediation; Sports dispute resolution; Alternative dispute resolution (ADR); Sports law; Sports justice.

 

Introduction :

Le contentieux sportif présente des caractéristiques propres qui le distinguent sensiblement des litiges civils ou commerciaux classiques. Il s’inscrit dans un environnement juridique particulier, marqué par la pluralité des acteurs — fédérations sportives, clubs, sportifs professionnels, agents — ainsi que par des exigences spécifiques tenant à la célérité du règlement des différends, à la confidentialité des procédures et à la préservation de l’équilibre et de la continuité des compétitions. Ces spécificités ont favorisé l’émergence d’une justice sportive autonome, reposant largement sur des mécanismes alternatifs de règlement des différends, au premier rang desquels figure l’arbitrage sportif[1].

L’arbitrage s’est ainsi imposé, tant au niveau national qu’international, comme le mode privilégié de règlement des litiges sportifs, notamment à travers le rôle central du Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Toutefois, en dépit de ses indéniables atouts, ce mécanisme n’est pas exempt de limites. La technicité de la procédure arbitrale, son coût parfois élevé, ainsi que son caractère essentiellement juridictionnel peuvent en effet se révéler inadaptés à certains différends sportifs, en particulier ceux revêtant une dimension relationnelle ou contractuelle marquée. Dans cette perspective, la médiation conventionnelle apparaît comme un instrument susceptible de compléter utilement l’arbitrage, en offrant un cadre plus souple, consensuel et confidentiel, davantage en adéquation avec les valeurs et les besoins du mouvement sportif[2].

La médiation conventionnelle, entendue comme un processus volontaire par lequel les parties tentent de parvenir à un accord avec l’assistance d’un tiers neutre, indépendant et impartial, s’inscrit pleinement dans la dynamique contemporaine de promotion des modes alternatifs de règlement des différends (MARD). De plus en plus reconnue par les ordres juridiques modernes, elle est perçue comme un moyen favorisant l’accès à la justice, la pacification des relations juridiques et l’efficience du règlement des litiges[3]. Appliquée au domaine sportif, la médiation revêt une portée particulière, en ce qu’elle permet de concilier les impératifs de sécurité juridique avec la préservation de relations durables entre les différents acteurs du sport.

Au Maroc, si le législateur a manifesté un intérêt croissant pour les modes alternatifs de règlement des différends, notamment par l’encadrement juridique de la médiation et de l’arbitrage, la médiation conventionnelle demeure encore faiblement intégrée dans le règlement des différends sportifs. Le dispositif juridique et institutionnel existant apparaît, à cet égard, fragmentaire et insuffisamment adapté aux spécificités du contentieux sportif, laissant une place prépondérante à l’arbitrage ainsi qu’aux mécanismes internes de règlement des litiges mis en œuvre par les instances fédérales[4]. Cette situation interroge la pertinence d’une intégration plus structurée de la médiation conventionnelle au sein de la justice sportive marocaine.

Ce sujet présente un intérêt à la fois théorique et pratique : il contribue à enrichir la réflexion sur la justice sportive au Maroc en explorant la complémentarité entre médiation et arbitrage, tout en proposant des pistes pour un modèle marocain de médiation sportive efficace et adapté aux besoins des acteurs du sport. Il s’inscrit également dans la dynamique internationale de promotion des modes alternatifs de règlement des différends (MARD), en mettant l’accent sur l’efficacité et la célérité des procédures.

Dès lors, il convient de s’interroger sur la mesure dans laquelle la médiation conventionnelle peut constituer un mécanisme efficient et complémentaire à l’arbitrage dans le règlement des différends sportifs, ainsi que sur les modalités juridiques et institutionnelles de son intégration dans l’ordre juridique marocain, compte tenu des spécificités propres au contentieux sportif.

À la lumière de ce qui précède et dans le but de répondre à la problématique fondamentale de ce sujet, nous adopterons une approche descriptive, analytique et comparative, visant à présenter le cadre juridique marocain de la médiation et de l’arbitrage sportifs, à en évaluer les forces et limites, et à le mettre en perspective avec les pratiques internationales pour proposer des solutions adaptées au contexte national.

L’analyse de cette problématique conduit, d’une part, à examiner les fondements et l’apport de la médiation conventionnelle dans le règlement des différends sportifs (I), et, d’autre part, à envisager les perspectives d’émergence d’un modèle marocain de médiation sportive adapté, cohérent et performant (II).

 

        I.                        La médiation conventionnelle : un outil efficace et complémentaire à l’arbitrage dans le règlement des différends sportifs :

La médiation conventionnelle s’impose aujourd’hui comme un mode efficace et adapté de résolution des différends sportifs, en complément de l’arbitrage, en raison de sa capacité à offrir des solutions rapides, consensuelles et respectueuses des relations entre acteurs. Elle constitue un outil particulièrement pertinent dans le contexte sportif, où les conflits nécessitent souvent une intervention rapide et flexible. Cette première partie propose d’examiner, dans un premier temps, les fondements et la contribution fonctionnelle de la médiation conventionnelle dans le sport, en mettant en lumière ses principes directeurs et les particularités des litiges sportifs qui justifient son recours (A). Dans un second temps, elle analysera la complémentarité entre médiation et arbitrage, en s’intéressant à la médiation pré-arbitrale ou en cours d’arbitrage, ainsi qu’à la sécurité juridique et la force des accords issus de la médiation (B).

A-      Les fondements et la contribution fonctionnelle de la médiation conventionnelle dans le domaine sportif :

a)       Définition de la médiation :

La médiation conventionnelle constitue un mode alternatif de résolution des différends (MARD) qui permet aux parties de parvenir à un accord amiable avec l’assistance d’un tiers impartial, le médiateur[5]. Elle se caractérise par sa flexibilité, sa confidentialité et son orientation vers le consensus, ce qui la distingue des procédures judiciaires ou arbitrales, généralement plus formelles et conflictuelles[6]. Dans le domaine sportif, ces qualités sont particulièrement pertinentes, car les relations entre sportifs, clubs et fédérations exigent souvent un équilibre entre efficacité, rapidité et maintien de bonnes relations interpersonnelles[7]. 

Selon Oksana Melenko, la médiation joue également un rôle stratégique en permettant de désengorger les procédures arbitrales ou judiciaires, tout en offrant une solution durable et acceptée par les parties, fondée sur la coopération plutôt que sur la confrontation[8]. Cette approche s’accorde pleinement avec les principes de la justice sportive, qui privilégient la préservation de la dynamique des compétitions et la confiance entre les acteurs.

b)      Les particularités du contentieux sportif justifiant le recours à la médiation :

Les différends sportifs se distinguent par des spécificités qui rendent le recours à la médiation particulièrement pertinente. D’un côté, la contrainte temporelle qui caractérise le domaine sportif impose souvent une résolution rapide des conflits afin d’éviter toute perturbation du déroulement des compétitions ou de l’organisation des calendriers sportifs[9]. De l’autre côté, ces litiges s’inscrivent généralement dans des relations appelées à se prolonger dans le temps entre sportifs, clubs et fédérations, ce qui confère à la dimension relationnelle une importance particulière : un règlement consensuel permet ainsi d’apaiser les tensions et de préserver la continuité des partenariats institutionnels et contractuels[10]. Enfin, en raison de la forte exposition médiatique du sport, les différends présentent une sensibilité institutionnelle et réputationnelle accrue, la médiation offrant un cadre confidentiel susceptible de limiter l’impact public et les répercussions négatives sur l’image des acteurs concernés.

Un événement récent permet de mettre en relief ces problématiques. À l’issue d’une décision arbitrale contestée lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, organisée au Maroc, l’équipe sénégalaise a exprimé sa désapprobation en quittant provisoirement l’aire de jeu, provoquant une suspension temporaire de la rencontre[11]. Cet incident a révélé les insuffisances des mécanismes disciplinaires et juridictionnels traditionnels face à des situations de tension immédiate. Il souligne, par ailleurs, l’intérêt qu’aurait pu présenter le recours à la médiation comme instrument de gestion rapide et apaisée du différend, susceptible de prévenir son aggravation tout en sauvegardant la crédibilité et la légitimité de la compétition sportive[12].

B-      La coordination entre la médiation et l’arbitrage : l’émergence d’une complémentarité procédurale :

a)       La médiation en amont et pendant la procédure arbitrale :

La médiation peut intervenir avant ou pendant une procédure arbitrale, constituant ainsi un complément efficace au processus d’arbitrage. Dans le domaine sportif, il est courant que les fédérations et instances arbitrales encouragent le recours à une médiation préventive ou pré-arbitrale afin de tenter de résoudre les différends sans engager immédiatement une procédure formelle. Cette démarche présente plusieurs avantages : elle contribue à réduire le nombre de procédures arbitrales et à limiter les coûts pour les parties[13], tout en offrant une solution rapide et consensuelle, particulièrement adaptée aux situations nécessitant une intervention avant ou pendant le déroulement des compétitions. À titre d’exemple, le Tribunal Arbitral du Sport (TAS/CAS) recommande fréquemment aux parties de recourir à la médiation avant toute procédure arbitrale, afin d’optimiser le temps et les ressources tout en assurant la durabilité et l’acceptabilité de l’accord conclu[14].

b)      La sécurité juridique et force contraignante des accords de médiation :

L’un des atouts essentiels de la médiation réside dans la sécurité juridique attachée aux accords issus de ce processus, notamment lorsqu’ils sont formalisés sous la forme d’une convention homologuée ou intégrés à un protocole arbitral[15]. Bien que fondés sur le consentement des parties, ces accords peuvent ainsi bénéficier d’une force obligatoire et exécutoire comparable à celle des sentences arbitrales, garantissant leur effectivité et le respect des engagements pris.

Dans le contexte marocain, cette articulation entre médiation et arbitrage apparaît particulièrement pertinente pour prévenir ou désamorcer des différends à forte visibilité médiatique, à l’instar de l’incident survenu lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Le recours à la médiation aurait pu favoriser un règlement rapide, accepté par l’ensemble des acteurs concernés, tout en contribuant à la réduction des tensions institutionnelles entre fédérations et équipes nationales, et à la préservation de la crédibilité de la compétition.

II- L’intégration de la médiation conventionnelle dans le dispositif juridique et institutionnel marocain : vers un modèle marocain de médiation sportive :

L’efficacité de la médiation conventionnelle dans le règlement des différends sportifs demeure étroitement liée à son ancrage dans le cadre juridique et institutionnel national. Au Maroc, cette problématique s’inscrit dans le prolongement des réformes récentes du droit du sport et des modes alternatifs de règlement des différends. D’une part, la loi n° 30.09 relative à l’éducation physique et aux sports organise le fonctionnement du mouvement sportif et encadre les mécanismes disciplinaires internes ; d’autre part, la loi n° 95.17 relative à l’arbitrage et à la médiation conventionnelle consacre la médiation comme un instrument juridiquement sécurisé de résolution amiable des litiges[16].

Toutefois, l’absence d’un dispositif spécifiquement dédié à la médiation sportive soulève la question de son articulation avec les procédures disciplinaires et arbitrales existantes. L’analyse des insuffisances du cadre actuel, ainsi que l’examen des conditions nécessaires à l’émergence d’un modèle marocain de médiation sportive performant, s’imposent dès lors afin d’adapter le droit positif aux exigences particulières du contentieux sportif[17].

A-      Les insuffisances du cadre juridique et institutionnel marocain face aux exigences du contentieux sportif :

Le droit marocain du sport a connu une évolution notable avec l’adoption de la loi n° 30.09 relative à l’éducation physique et aux sports, qui a contribué à structurer l’organisation du mouvement sportif national et à renforcer les missions des fédérations sportives[18]. Toutefois, si ce texte encadre les aspects organisationnels, disciplinaires et institutionnels du sport, il demeure silencieux quant à l’intégration explicite de la médiation conventionnelle comme mode de règlement des différends sportifs.

En pratique, les litiges sportifs au Maroc sont majoritairement pris en charge par les commissions disciplinaires internes des fédérations ou orientés vers l’arbitrage, sans qu’un mécanisme préalable de règlement amiable ne soit formellement institué. Cette situation révèle une approche essentiellement contentieuse du règlement des différends sportifs, peu adaptée aux spécificités de ce contentieux marqué par l’urgence, la continuité des compétitions et la dimension relationnelle entre les acteurs.

Par ailleurs, la loi n° 95.17 relative à l’arbitrage et à la médiation conventionnelle a consacré, de manière générale, la médiation comme un mode autonome et juridiquement sécurisé de règlement des différends. Ce texte reconnaît la valeur juridique des accords issus de la médiation et en renforce l’efficacité à travers des mécanismes d’homologation et d’exécution. Néanmoins, son champ d’application demeure général, sans adaptation spécifique aux litiges sportifs, ce qui limite son impact concret dans ce domaine.

À ces insuffisances normatives s’ajoute une faiblesse institutionnelle : le Maroc ne dispose pas encore de structures spécialisées de médiation sportive, ni d’un cadre procédural harmonisé permettant l’intervention rapide de médiateurs formés aux exigences du droit du sport. Cette lacune contribue à la judiciarisation excessive des conflits sportifs et accentue les tensions institutionnelles, comme l’ont récemment illustré certains différends à forte visibilité médiatique[19].

B-       Les conditions juridiques et institutionnelles d’un modèle marocain de médiation sportive performant :

L’émergence d’un modèle marocain efficient de médiation sportive suppose, premièrement, une meilleure articulation entre la loi n° 30.09 et la loi n° 95.17. Pourtant, il apparaît nécessaire d’intégrer explicitement la médiation conventionnelle dans le champ du droit du sport, en reconnaissant ce mécanisme comme une étape préalable ou complémentaire aux procédures disciplinaires et arbitrales prévues par les règlements sportifs.

À cet égard, l’introduction de clauses de médiation dans les statuts et règlements des fédérations sportives constituerait un levier juridique essentiel. Ces clauses pourraient imposer ou recommander le recours à la médiation avant toute saisine d’une instance arbitrale ou disciplinaire, conformément à l’esprit de la loi n° 95.17, qui privilégie la volonté des parties et la recherche d’une solution consensuelle. Cependant, il convient de souligner que la seule insertion de telles clauses ne garantit pas l’efficacité du mécanisme : sans formation spécialisée des médiateurs, accompagnement institutionnel et suivi de la mise en œuvre, la médiation risque de rester une formalité théorique plutôt qu’un outil réellement opérationnel.

En outre, la création ou la reconnaissance d’instances nationales ou fédérales de médiation sportive, composées de médiateurs spécialisés en droit du sport, permettrait d’assurer une mise en œuvre effective et crédible de ce mécanisme. Ces structures joueraient un rôle préventif fondamental en favorisant le dialogue entre les acteurs sportifs et en limitant les conflits susceptibles d’affecter la régularité des compétitions et l’image du sport marocain. Toutefois, il conviendra de prévenir le risque que ces instances se transforment en structures purement formelles, dépourvues d’effectivité, ou qu’elles soient instrumentalisées comme un moyen dilatoire retardant indûment le recours à l’arbitrage, dérive déjà observée dans certains secteurs où la médiation a été institutionnalisée sans mécanismes de suivi et d’évaluation rigoureux[20].

Enfin, l’intégration de la médiation conventionnelle dans le dispositif juridique marocain du sport s’inscrit dans une dynamique internationale de modernisation de la justice sportive, marquée par la complémentarité croissante entre médiation et arbitrage. En s’inspirant des pratiques développées au niveau international, tout en les adaptant aux réalités institutionnelles nationales, le Maroc pourrait consolider un modèle de règlement des différends sportifs fondé sur l’efficacité, la sécurité juridique et la préservation des relations sportives. À mon avis, pour que ce modèle ne reste pas purement théorique, il est indispensable de coupler la réforme normative avec des mesures concrètes de formation, de sensibilisation et d’évaluation périodique de l’efficacité de la médiation sportive, afin d’en garantir la crédibilité et l’adhésion réelle des acteurs.

Conclusion :

Pour conclure, la médiation conventionnelle s’impose comme un instrument particulièrement pertinent pour le règlement des différends sportifs, en complément de l’arbitrage, en raison de sa flexibilité procédurale et de son aptitude à préserver les relations entre les acteurs du sport. Toutefois, malgré la reconnaissance générale de la médiation par la loi n° 95.17, son intégration dans le droit du sport marocain demeure insuffisante. L’émergence d’un modèle national performant de médiation sportive suppose ainsi une meilleure articulation avec la loi n° 30.09, le développement de structures spécialisées et la promotion d’une véritable culture de la médiation. L’effectivité future de la justice sportive marocaine dépendra, en définitive, de la capacité à conférer à la médiation un rôle central et opérationnel dans la gestion des conflits sportifs.

 



[1] MAISONNEUVE, M (2020), Droit du sport, LGDJ, 3ᵉ éd., p. 423.

[2] RIGOZZI, A (2016), « Médiation et arbitrage sportif : concurrence ou complémentarité ? », Rev. arb., p. 89.

[3] MELENKO, O (2020), « Mediation as an Alternative Form of Dispute Resolution: Comparative-Legal Analysis », European Journal of Law and Public Administration, vol. 7(2), pp.47-50.

[4] El GHAZALI, M & ELOTMANI, B (2023), « Le cadre juridique régissant le sport au Maroc : enjeux et perspectives », African Scientific Journal, 3(17), p.411.

[5] BHUSHAN, S & KUMARI, A (2025), «Striking a Balance: Arbitration and Mediation as Dispute Resolution Mechanisms in Sports, Law Audience Journal, vol. 6, no. 1, p.7.

Disponible via le site : https://www.lawaudience.com/volume-6-issue-1-2/  consulté le 06/01/2026.

[6] Ngatchou Toto Carles (2024), « Resolving International Sports Disputes : An Exploration of Mediation and Conciliation », Recent Trends in sports, vol. 1, n°2.

[7] POCARD, J (2025), « Médiation et accès au juge », Lexbase Contentieux et Recouvrement, n° 11.

 Disponible via le site : https://www.lexbase.fr/article-juridique/124381931-doctrinemediationetaccesaujuge consulté le 05/01/2026.

[8] MELENKO, O (2020), op.cit., pp. 47‑50.

[9] CASINI, L (2011), «The Making of a Lex Sportiva by the Court of Arbitration for Sport », German Law Journal, vol. 12, no. 10, pp. 1322-1325.

[10] RIGOZZI, A (2005), op.cit., pp. 45-50.

[11] MARMAYOU, J-M (2018), op.cit., pp. 285-290.

[12] KARAQUILLO, J-P (2017), Le règlement des litiges sportifs, Dalloz, pp. 112-118.

v. égal. Court of Arbitration for Sport, CAS Mediation Rules, dispositions générales relatives à la résolution amiable des différends sportifs.

[13] V. Mediation at the Court of Arbitration for Sport (CAS), op.cit, guide expliquant la procédure de médiation, ses objectifs et sa distinction avec l’arbitrage.

Disponible via le site : https://arbitrationlaw.com/sites/default/files/free_pdfs/CAS%20Mediation%20Guide.pdf?utm  consulté le 08/01/2026.

[14] SHONK, K (2025), « How Mediation Can Help Resolve Pro Sports Disputes », Program on Negotiation (Harvard Law School).

[15] V. United Nations Convention on International Settlement Agreements Resulting from Mediation (également appelée Singapore Convention on Mediation), Convention des Nations Unies adoptée le 20 décembre 2018, fournissant un cadre juridique harmonisé pour la reconnaissance et l’exécution des accords de règlement issus de médiation à l’échelle internationale.

[16] V. la loi n° 30.09 relative à l’éducation physique et aux sports, Dahir n° 1-10-150 du 13 ramadan 1431 (24 août 2010), Bulletin Officiel n° 5888 ; v. égal. La loi n° 95.17 relative à l’arbitrage et à la médiation conventionnelle, Dahir n° 1-22-34 du 23 ramadan 1443 (25 avril 2022), Bulletin Officiel n° 7089.

[17] V. UNCITRAL, Model Law on International Commercial Mediation and International Settlement Agreements Resulting from Mediation, 2018.

[18] EL KHAMLICHI, A (2020), « Le contentieux sportif au Maroc : état des lieux et perspectives », Revue marocaine de droit et d’économie du sport, mettant en évidence le manque de mécanismes alternatifs clairement établis pour le règlement des différends sportifs.

[19] MIRONI, M (2017), « The promise of mediation in sport-related disputes », University of Haifa, vol. 16

Cet article analyse la nécessité d’institutionnaliser la médiation dans le sport pour compléter l’arbitrage.

 

 

[20] Sport Mediation Services | Sport Resolutions : il présente la médiation dans le sport comme un mode flexible, confidentiel et adapté à la préservation des relations entre acteurs.

Disponible via le site : https://www.sportresolutions.com/services/mediation?utm  consulté le 10/01/2026.


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مجلة قانونك - العدد الثالث